De Boudis à Beaumarchais : Un voyage millénaire à travers les symboles de Jijel.


Parcourir la route nationale 43, du port de pêche de Boudis jusqu'à la place Beaumarchais, revient à feuilleter les pages d'un livre d'histoire à ciel ouvert. Chaque monument qui ponctue ce trajet est une escale temporelle, témoignant des strates de civilisations qui ont façonné l'identité de la "Capitale de la Corniche".

Le voyage débute par les racines les plus profondes de la cité avec les fragments de murs antiques, vestiges silencieux de l'époque où les Phéniciens et les Romains reconnaissaient déjà l'importance stratégique de ce rivage. Plus loin, l'élégante maquette du bateau de Baba Arroudj nous plonge au cœur de l'épopée ottomane ; elle rappelle l'année 1514, quand les frères Barberousse firent de Jijel le premier bastion de la résistance contre l'occupation espagnole.

En poursuivant vers le centre, la célèbre statue du Pêcheur nous interpelle, héritage de la période coloniale française qui, au-delà de son contexte, rend hommage à la vocation maritime immémoriale des habitants

Enfin, ce parcours mémoriel culmine avec la figure de Mohamed Seddik Benyahia, dont la statue incarne l'Algérie indépendante et la fierté d'une nation retrouvée. 

À travers ces symboles de pierre, de bronze et de cuivre, c'est toute la résilience et la grandeur de Jijel qui se dévoilent au regard des passants.


--------------------------------------------------------------------------------

Jijel "ESSOUR.

-------------------------------------------------------------------------------


Il n’existe pas de données suffisamment fiables concernant ce pan de mur situé au niveau de l’esplanade Beaumarché à Jijel. Certaines sources l’attribuent à la période phénico-punique, tandis que d’autres le rattachent à l’époque romaine.

Un témoignage datant de la période de colonisation de Jijel rapporte que, le 13 mai 1839, il ne subsistait des fortifications de l’ancienne ville médiévale qu’une tour carrée, la muraille génoise fermant l’étranglement de la presqu’île, ainsi que deux retours de murailles d’environ une trentaine de mètres de chaque côté. Ces structures étaient alors dans un très mauvais état et présentaient d’importantes brèches.

Quant à l’enceinte romaine, il n’en demeurait que les fondations et quelques masses informes que la mer n’avait pas encore atteintes ni érodées.



--------------------------------------------------------------------------------

La Bateau de Baba Arroudj.

-------------------------------------------------------------------------------


Trônant majestueusement au cœur de Jijel, à l'intersection stratégique de la route nationale 43 et de la rue Abd El Hamid Ben Badis, le bateau de Baba Arroudj s'érige comme le symbole indissociable de la « Capitale de la Corniche ».

Cette réplique imposante, conçue en cuivre et en bronze dans le style des galères traditionnelles du XVe siècle, surplombe une fontaine dont les eaux et les jeux de lumière viennent périodiquement animer ses douze rames. 


Située à deux pas du port de pêche de Boudis, cet édifice commémore l'arrivée héroïque des frères Barberousse, Baba Arroudj et Kheireddine, qui débarquèrent en 1514 pour libérer la ville de l'oppression espagnole à l'appel des notables locaux. 

Plus qu'une simple œuvre d'art restaurée dans les années 1990, ce navire incarne l'acte fondateur de l'État algérien moderne, transformant autrefois Jijel en un émirat et une base stratégique de libération.

Aujourd'hui, cette place est un lieu de mémoire et de convivialité où les visiteurs et les noctambules se pressent, particulièrement les soirs d'été, pour immortaliser ce patrimoine vivant qui célèbre le courage et le sacrifice des héros de la mer.




--------------------------------------------------------------------------------

Le Conjador. Statue du pêcheur..

-------------------------------------------------------------------------------


--------------------------------------------------------------------------------

Statue de Mohamed Seddik Benyahia (1932-1982). Place El Kods.

-------------------------------------------------------------------------------


Mohamed Seddik Benyahia (1932-1982) est une figure majeure de la diplomatie algérienne. Né à Jijel, il participe très jeune à la lutte pour l’indépendance de l’Algérie et rejoint le Front de libération nationale (FLN) durant la guerre de Libération. Après l’indépendance, il occupe plusieurs fonctions importantes au sein de l’État algérien, notamment comme ministre de l’Enseignement supérieur puis ministre des Affaires étrangères

Reconnu pour ses qualités de négociateur et son engagement en faveur du dialogue entre les peuples, il joue un rôle important dans plusieurs médiations internationales. Il décède tragiquement le 3 mai 1982 dans le crash de son avion alors qu’il menait une mission de médiation entre l’Irak et l’Iran.




👈👈👈      Page Précédente --- Page Suivante 👉👉👉