Jijel, Djidjeli ou Igilgili.


La wilaya de Jijel se situe à environ 320 kilomètres à l’est d’Alger, au cœur de la Petite Kabylie. Elle possède un cadre naturel exceptionnel marqué par des montagnes et une côte rocheuse connue sous le nom de Corniche jijelienne.

La région est réputée pour ses importantes forêts de chênes-lièges, dont une partie est protégée dans le parc national de Taza. Bien que ce patrimoine naturel soit encore bien conservé, il reste exposé aux risques d’incendies et aux activités humaines.

Jijel profite d’un climat méditerranéen humide caractérisé par des hivers doux, des pluies abondantes et des vents marins. Les reliefs montagneux, notamment le mont Babor, contribuent à la richesse de sa végétation et connaissent parfois des chutes de neige en altitude.

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Corniche de Jijel.

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. Jijel : Origine du Nom.

Le nom de Jijel remonte à l’Antiquité pré-romaine et romaine, où la ville était appelée « Igilgili ». Ce toponyme, d’origine probablement phénicienne, ferait référence à la présence d’îlots sur le littoral ainsi qu’à des « cercles de pierres ». Avec l’arabisation du Maghreb, le nom évolue une première fois pour devenir « Djidjel ».

À partir du XIIe siècle, Jijel s’ouvre davantage à la navigation méditerranéenne grâce aux Siciliens, puis aux Pisans et aux Génois. Sous l’influence européenne, le nom arabe est modifié : on lui ajoute un « i » final et sa prononciation change progressivement en « Gigéri », puis « Gigelli ». Les Français reprendront ensuite plusieurs variantes orthographiques, comme « Gigeli », « Gigeri » ou encore « Gigery », notamment à l’époque de l’expédition de Louis XIV.

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Carte de Jijel (Gigeri) en 1664

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. Jijel a une histoire marquée par plusieurs civilisations successives.

Jijel a une histoire très ancienne et marquée par plusieurs grandes civilisations méditerranéennes.

Dans l’Antiquité, la région est d’abord habitée par des populations berbères, dont on retrouve des traces archéologiques comme des dolmens. Elle passe ensuite sous influence carthaginoise, intégrée au réseau commercial phénicien en Méditerranée. Sous les Romains, la ville d’Igilgili devient un port stratégique important, servant à la fois pour le commerce et le contrôle militaire de la côte nord-africaine.

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Jijel "ESSOUR.

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Après la fin de l’Empire romain, la région traverse une période mal connue (Vandales puis probablement Byzantins). À partir du IXe siècle, elle est mieux documentée et liée aux Kutama, une grande tribu berbère qui joue un rôle central dans la fondation de la dynastie fatimide.

Du Xe au XVe siècle, Jijel se développe grâce aux échanges méditerranéens. Les géographes arabes la décrivent comme une ville active et commerçante, exportant des produits agricoles et du cuivre. À partir du XIIIe siècle, les marchands européens, notamment les Pisans puis les Génois, dominent progressivement le commerce de la région.

Au XVIe siècle, Aroudj Barberousse et Kheireddine Barberousse utilisent Jijel comme base stratégique dans leurs combats contre les Espagnols et dans l’installation du pouvoir ottoman en Algérie. La ville devient alors un point important de la régence d’Alger.

En 1664, une expédition française envoyée par Louis XIV tente de prendre Jijel, mais elle échoue face à la résistance des habitants et des forces locales. Cet épisode renforce la réputation défensive de la ville.

Aux XVIIIe et début XIXe siècles, Jijel connaît des tensions internes, des révoltes et une activité corsaire, mais son importance maritime diminue progressivement. À l’arrivée des Français en 1839, la ville est devenue surtout rurale, vivant de la pêche et du commerce local, tandis que son passé de grand port stratégique s’efface peu à peu.

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Siège de l'Hôtel de ville de Jijel.

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. Description de l'Ancienne Médina.

. Le géographe Léon l’Africain, dit-il, « près de cinq cents feux et les maisons en sont très belles. Les hommes sont vaillants, généreux et fidèles. Tous sont cultivateurs, mais leurs terrains sont âpres et ne sont bons que pour l’orge et pour le lin, comme pour le chanvre qui pousse ici en grande quantité. Il y a également beaucoup de noix et de figues que l’on transporte à Tunis sur les petits bateaux

. Autre Description : Les pêcheurs arboraient encore à l'arrivée des français, un vêtement spécial avec turban et larges pantalons rayés. Ils parlaient une langue hybride, imprégnée d’Italien.

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Image de Synthèse Réalisée par IA à partir du Descriptif..

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. Economie de la Région.

La décennie 2000 représente pour la région de Jijel une période de mutation profonde, portée par le rétablissement de la stabilité sécuritaire qui a servi de socle à un redéploiement économique et infrastructurel majeur. Ce renouveau s'est concrétisé par la mise en service du port de Djen Djen, infrastructure maritime de premier plan favorisant le commerce international, ainsi que par une modernisation des réseaux routiers et aéroportuaires qui a définitivement brisé l'enclavement de la wilaya. 

Parallèlement à cette dynamique industrielle et logistique, le paysage universitaire s'est transformé avec l'émergence du campus de Tassoust, renforçant la dimension éducative de la ville. Cependant, ce développement fulgurant a été accompagné d'un essor touristique massif qui, s'il a révélé la beauté du littoral jijelien à l'échelle nationale, a également engendré des pressions environnementales et une hausse marquée du coût de la vie, notamment dans le secteur immobilier.

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Construction de bateaux de pêche dans le Port de Boudis.

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. La Cuisine Traditionnelle de Jijel se caractérise par des plats typiques et variés, souvent préparés lors des fêtes religieuses comme l’Achoura et le Mouharram. Parmi les spécialités les plus connues figurent la Bouicha, le Berkoukes, le Meslouk et les Drihmates, élaborés principalement à base de semoule, viande, légumes et épices. La région est également connue pour ses préparations sucrées, comme la Tamina baidha, faite de semouline, de beurre et de sucre glace.

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Dziriyates de Jijel.

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Balade dans la ville de Jijel. Promenade du Beau Marché.

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Plage du Beau Marché.

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Avenue Rouibah Hocine.

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Mosquée.

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La Placette.

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De Boudis à Beaumarchais : Un voyage millénaire à travers les symboles de Jijel.


Parcourir la route nationale 43, du port de pêche de Boudis jusqu'à la place Beaumarchais, revient à feuilleter les pages d'un livre d'histoire à ciel ouvert. Chaque monument qui ponctue ce trajet est une escale temporelle, témoignant des strates de civilisations qui ont façonné l'identité de la "Capitale de la Corniche".

Le voyage débute par les racines les plus profondes de la cité avec les fragments de murs antiques, vestiges silencieux de l'époque où les Phéniciens et les Romains reconnaissaient déjà l'importance stratégique de ce rivage. Plus loin, l'élégante maquette du bateau de Baba Arroudj nous plonge au cœur de l'épopée ottomane ; elle rappelle l'année 1514, quand les frères Barberousse firent de Jijel le premier bastion de la résistance contre l'occupation espagnole.

En poursuivant vers le centre, la célèbre statue du Pêcheur nous interpelle, héritage de la période coloniale française qui, au-delà de son contexte, rend hommage à la vocation maritime immémoriale des habitants

Enfin, ce parcours mémoriel culmine avec la figure de Mohamed Seddik Benyahia, dont la statue incarne l'Algérie indépendante et la fierté d'une nation retrouvée. 

À travers ces symboles de pierre, de bronze et de cuivre, c'est toute la résilience et la grandeur de Jijel qui se dévoilent au regard des passants.


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Jijel "ESSOUR.

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Il n’existe pas de données suffisamment fiables concernant ce pan de mur situé au niveau de l’esplanade Beaumarché à Jijel. Certaines sources l’attribuent à la période phénico-punique, tandis que d’autres le rattachent à l’époque romaine.

Un témoignage datant de la période de colonisation de Jijel rapporte que, le 13 mai 1839, il ne subsistait des fortifications de l’ancienne ville médiévale qu’une tour carrée, la muraille génoise fermant l’étranglement de la presqu’île, ainsi que deux retours de murailles d’environ une trentaine de mètres de chaque côté. Ces structures étaient alors dans un très mauvais état et présentaient d’importantes brèches.

Quant à l’enceinte romaine, il n’en demeurait que les fondations et quelques masses informes que la mer n’avait pas encore atteintes ni érodées.



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La Bateau de Baba Arroudj.

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Trônant majestueusement au cœur de Jijel, à l'intersection stratégique de la route nationale 43 et de la rue Abd El Hamid Ben Badis, le bateau de Baba Arroudj s'érige comme le symbole indissociable de la « Capitale de la Corniche ».

Cette réplique imposante, conçue en cuivre et en bronze dans le style des galères traditionnelles du XVe siècle, surplombe une fontaine dont les eaux et les jeux de lumière viennent périodiquement animer ses douze rames. 


Située à deux pas du port de pêche de Boudis, cet édifice commémore l'arrivée héroïque des frères Barberousse, Baba Arroudj et Kheireddine, qui débarquèrent en 1514 pour libérer la ville de l'oppression espagnole à l'appel des notables locaux. 

Plus qu'une simple œuvre d'art restaurée dans les années 1990, ce navire incarne l'acte fondateur de l'État algérien moderne, transformant autrefois Jijel en un émirat et une base stratégique de libération.

Aujourd'hui, cette place est un lieu de mémoire et de convivialité où les visiteurs et les noctambules se pressent, particulièrement les soirs d'été, pour immortaliser ce patrimoine vivant qui célèbre le courage et le sacrifice des héros de la mer.




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Le Conjador. Statue du pêcheur..

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Statue de Mohamed Seddik Benyahia (1932-1982). Place El Kods.

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Mohamed Seddik Benyahia (1932-1982) est une figure majeure de la diplomatie algérienne. Né à Jijel, il participe très jeune à la lutte pour l’indépendance de l’Algérie et rejoint le Front de libération nationale (FLN) durant la guerre de Libération. Après l’indépendance, il occupe plusieurs fonctions importantes au sein de l’État algérien, notamment comme ministre de l’Enseignement supérieur puis ministre des Affaires étrangères

Reconnu pour ses qualités de négociateur et son engagement en faveur du dialogue entre les peuples, il joue un rôle important dans plusieurs médiations internationales. Il décède tragiquement le 3 mai 1982 dans le crash de son avion alors qu’il menait une mission de médiation entre l’Irak et l’Iran.




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Le Port de Pêche et de Plaisance Boudis.



Le Port de Pêche de Jijel (Boudis) s'impose comme une infrastructure majeure de la façade maritime est de l' Algérie . Véritable poumon économique né d'investissements publics massifs, ce site a retenu d'une modernisation profonde qui a dynamisé son influence régionale, facilitant la commercialisation des ressources halieutiques vers l'arrière-pays et le littoral oriental. 

Au-delà de sa fonction industrielle et de ses circuits de vente performants, le port de Boudis est un lieu de vie pittoresque et une destination incontournable pour les visiteurs , qui viennent y découvrir les traditions maritimes locales et déguster des produits frais directement issus de la pêche artisanale

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Le Goéland Leucophée. Individus Jeune.

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Entrée du Port de Pêche..

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Accès aux Quais..

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Les Cabanes de Pêcheurs.

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Les cabanes de pêcheurs  sont   situées à l'extrémité ouest du port Boudis. Ces petites habitations marines aux  façades  blanches  et aux  portes bleues éclatantes   témoignent d'une activité artisanale toujours vibrante.   La naturey reprend ses droits grâce à une végétation dense et verdoyante qui apporte une ombre bienvenue sur le béton, tandis quedes empilements de casiers en bois et de filetsracontent le quotidien des marins.




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Réservoirs des Forces Navales.

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Les Chats de Ports.

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Incontournables et indissociables de l'ambiance du port de Boudis,  les chats de pêcheurs  sont  les gardiens silencieux des quais de Jijel  . Véritables mascottes du littoral, ils occupent l'espace avec une assurance tranquille, se faufilant entre les filets de pêche et les cabanes aux portes bleues.

Attendant patiemment le retour des chalutiers  , ces félins se régalent des petits poissons et des restes de tri laissés par les marins, avec qui ils entretiennent une complicité tacite.




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La Pêche Artisanale.

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La pêche artisanale  est l'âme vibrante du  port de Boudis  , un savoir-faire ancestral qui résiste au temps et à la modernité. Ici,  loin des méthodes industrielles  , tout repose sur l'expérience et le respect de la mer : chaque matin,  les pêcheurs préparent minutieusement leurs filets et leurs palangres devant les cabanes bleues  , perpétuant les gestes transmis de génération en génération. 

Cette activité à échelle humaine, rythmée par les sorties des petits métiers et le tri manuel des prises, garantit une fraîcheur inégalée des produits de la «  Grande Bleue  ». Plus qu'un simple métier, c'est  un mode de vie qui façonne l'identité véritable de Jijel  , préservant à la fois l'équilibre fragile de l'écosystème marin et la convivialité authentique qui anime les quais du port.




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Les Chaluts.

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À côté de la flottille artisanale,  les chalutiers de Jijel  imposent leur silhouette robuste, marquant  le rythme industriel du port de Boudis  . Équipés de leurs gros filets et de treuils puissants, ces navires s'aventurent plus loin au large pour capturer les richesses des profondeurs, ramenant dans leurs cales les poissons les plus prisés des étals locaux, comme  le rouget  ou  la crevette  .



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