La wilaya de Jijel se situe à environ 320 kilomètres à l’est d’Alger, au cœur de la Petite Kabylie. Elle possède un cadre naturel exceptionnel marqué par des montagnes et une côte rocheuse connue sous le nom de Corniche jijelienne.
La région est réputée pour ses importantes forêts de chênes-lièges, dont une partie est protégée dans le parc national de Taza. Bien que ce patrimoine naturel soit encore bien conservé, il reste exposé aux risques d’incendies et aux activités humaines.
Jijel profite d’un climat méditerranéen humide caractérisé par des hivers doux, des pluies abondantes et des vents marins. Les reliefs montagneux, notamment le mont Babor, contribuent à la richesse de sa végétation et connaissent parfois des chutes de neige en altitude.
. Jijel : Origine du Nom.
Le nom de Jijel remonte à l’Antiquité pré-romaine et romaine, où la ville était appelée « Igilgili ». Ce toponyme, d’origine probablement phénicienne, ferait référence à la présence d’îlots sur le littoral ainsi qu’à des « cercles de pierres ». Avec l’arabisation du Maghreb, le nom évolue une première fois pour devenir « Djidjel ».
À partir du XIIe siècle, Jijel s’ouvre davantage à la navigation méditerranéenne grâce aux Siciliens, puis aux Pisans et aux Génois. Sous l’influence européenne, le nom arabe est modifié : on lui ajoute un « i » final et sa prononciation change progressivement en « Gigéri », puis « Gigelli ». Les Français reprendront ensuite plusieurs variantes orthographiques, comme « Gigeli », « Gigeri » ou encore « Gigery », notamment à l’époque de l’expédition de Louis XIV.
. Jijel a une histoire marquée par plusieurs civilisations successives.
Jijel a une histoire très ancienne et marquée par plusieurs grandes civilisations méditerranéennes.
Dans l’Antiquité, la région est d’abord habitée par des populations berbères, dont on retrouve des traces archéologiques comme des dolmens. Elle passe ensuite sous influence carthaginoise, intégrée au réseau commercial phénicien en Méditerranée. Sous les Romains, la ville d’Igilgili devient un port stratégique important, servant à la fois pour le commerce et le contrôle militaire de la côte nord-africaine.
Après la fin de l’Empire romain, la région traverse une période mal connue (Vandales puis probablement Byzantins). À partir du IXe siècle, elle est mieux documentée et liée aux Kutama, une grande tribu berbère qui joue un rôle central dans la fondation de la dynastie fatimide.
Du Xe au XVe siècle, Jijel se développe grâce aux échanges méditerranéens. Les géographes arabes la décrivent comme une ville active et commerçante, exportant des produits agricoles et du cuivre. À partir du XIIIe siècle, les marchands européens, notamment les Pisans puis les Génois, dominent progressivement le commerce de la région.
Au XVIe siècle, Aroudj Barberousse et Kheireddine Barberousse utilisent Jijel comme base stratégique dans leurs combats contre les Espagnols et dans l’installation du pouvoir ottoman en Algérie. La ville devient alors un point important de la régence d’Alger.
En 1664, une expédition française envoyée par Louis XIV tente de prendre Jijel, mais elle échoue face à la résistance des habitants et des forces locales. Cet épisode renforce la réputation défensive de la ville.
Aux XVIIIe et début XIXe siècles, Jijel connaît des tensions internes, des révoltes et une activité corsaire, mais son importance maritime diminue progressivement. À l’arrivée des Français en 1839, la ville est devenue surtout rurale, vivant de la pêche et du commerce local, tandis que son passé de grand port stratégique s’efface peu à peu.
. Description de l'Ancienne Médina.
. Le géographe Léon l’Africain, dit-il, « près de cinq cents feux et les maisons en sont très belles. Les hommes sont vaillants, généreux et fidèles. Tous sont cultivateurs, mais leurs terrains sont âpres et ne sont bons que pour l’orge et pour le lin, comme pour le chanvre qui pousse ici en grande quantité. Il y a également beaucoup de noix et de figues que l’on transporte à Tunis sur les petits bateaux.
. Autre Description : Les pêcheurs arboraient encore à l'arrivée des français, un vêtement spécial avec turban et larges pantalons rayés. Ils parlaient une langue hybride, imprégnée d’Italien.
. Economie de la Région.
La décennie 2000 représente pour la région de Jijel une période de mutation profonde, portée par le rétablissement de la stabilité sécuritaire qui a servi de socle à un redéploiement économique et infrastructurel majeur. Ce renouveau s'est concrétisé par la mise en service du port de Djen Djen, infrastructure maritime de premier plan favorisant le commerce international, ainsi que par une modernisation des réseaux routiers et aéroportuaires qui a définitivement brisé l'enclavement de la wilaya.
Parallèlement à cette dynamique industrielle et logistique, le paysage universitaire s'est transformé avec l'émergence du campus de Tassoust, renforçant la dimension éducative de la ville. Cependant, ce développement fulgurant a été accompagné d'un essor touristique massif qui, s'il a révélé la beauté du littoral jijelien à l'échelle nationale, a également engendré des pressions environnementales et une hausse marquée du coût de la vie, notamment dans le secteur immobilier.
. La Cuisine Traditionnelle de Jijel se caractérise par des plats typiques et variés, souvent préparés lors des fêtes religieuses comme l’Achoura et le Mouharram. Parmi les spécialités les plus connues figurent la Bouicha, le Berkoukes, le Meslouk et les Drihmates, élaborés principalement à base de semoule, viande, légumes et épices. La région est également connue pour ses préparations sucrées, comme la Tamina baidha, faite de semouline, de beurre et de sucre glace.














